de la possession à Saint-Louis

Au-delà de la Montagne, commence la région ouest. Celle-ci est très diversifiée et en suivant le littoral, il est facile de distinguer les différentes régions, la plaine des Galets, les plages de sable blanc, la côte à falaise, la plaine du Gol et celle de Saint-Étienne qui s’acève à l’entrée de Saint-Pierre ; par les « hauts », se développe une planèze importante, celle du Grand-Bénard.

La plaine des Galets se présente comme un vaste triangle, dont les villes de la Possession, de la pointe des Galets, de Saint-Paul, occupent les 3 pointes. C’est un grand ensemble fabriqué par les divagations de la rivière des Galets qui y a laissé ses déjections. La différence de végétation, par rapport à la région nord, est frappante. Une vaste savane se développe. Les grandes herbes changent de coloris d’après les saisons : vaste étendue d’herbe en saison des pluies, la savane devient couleur paille en saison sèche, et est alors souvent la proie des incendies. Dans la région de Saint-Paul, la présence d’une grande nappe d’eau et celle de sables noirs dunaires changent les conditions écologiques : la savane laisse la place à une végétation aquatique tout autour de l’Étang et de ses nombreuses ramifications, ou à des filaos dans la région des sables dunaires.

La plaine des Galets s’ouvre largement sur la mer : le littoral est encore celui des galets, graviers et sables, remaniés par la mer. Côté terre, l’horizon est le plus souvent barré par de vieilles falaises, dont certaines ont été battues, jadis, par les vagues.

Sécheresse et température sont des facteurs pénibles pour l’homme de la région. Si Saint-Paul fut la 1re agglomération de l’histoire de l’île, elle perdit vite son rôle de capitale administrative au profit de Saint-Denis. Depuis la départementalisation, elle est sortie de sa léthargie, grâce à de nouvelles fonctions (création d’une sous-préfecture, d’un lycée…). Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la Possession demeura une bourgade ; son activité économique démarra vraiment à partir de la création du port à la Pointe des Galets, et à partir du percement du tunnel sous la Montagne. Quand à la ville du Port, elle naquit avec la création de bassins artificiels dans les alluvions de la plaine des Galets, c’est-à-dire à la fin du XIXe siècle.

Dans la mesure où les 3 cités importantes de la Plaine des Galets ont depuis peu des fonctions principalement économiques, il ne faut pas s’étonner si le turiste n’y fait que passer, pour aller vers Saint-Gilles et Saint-Leu qui sont des stations balnéaires. Après le cap La Houssaye commence toute une série de récifs frangeants soulignés au large par le déferlement de la houle océanique. Cette région bénéficie de toutes les conditions favorables car les récifs coralliens s’y sont développés et leur lente destruction depuis des siècles a donné le sable blanc très fin des magnifiques plages de la côte ouest. La plus célèbre est celle de Boucan-Canot, entre le cap Champagne et le cap Homard ; viennent ensuite les plages de Saint-Gilles, de l’Hermitage de La Saline.

Pendant longtemps, la région n’a connu que des bourgades de pêcheurs. Jusqu’en 1950 environ, Saint-Gilles, la Saline, n’étaient que de petites stations balnéaires, fréquentées par une minorité de familles. Depuis ¼ de siècle, le développement des loisirs et l’amélioration des communications entre Saint-Denis et la côte ouest ont permis l’essor de ces stations, longtemps endormies. La fréquentation n’est plus seulement saisonnière : que ce soit pendant les vacances scolaires, ou pendant les fins de semaine, l’Ouest reçoit un flux toujours grossissant de gens venus goûter aux joies de la plage.

Avec du retard, l’infrastructure a suivi : nouveaux lotissements, restaurants, Club Méditerranée à l’Hermitage, Village de vacances familiales à la sortie sud de Saint-gilles. En pleine saison, il est impossible de trouver une chambre à louer, les places dans les campings sont toutes occupées et aucune portion des plages n’est déserte. Bientôt un hôtel offrira une capacité d’accueil accrue.

Au sud de la Saline, de magnifiques falaises de basalte isolent la région de Saint-Leu. L’extension des récifs coralliens est limitée et les plages occupent le fond d’une baie largement ouverte. Le pouvoir d’attraction de Saint-Leu est moins grand que celui de Saint-Gilles. On y retrouve le même développement balnéaire, mais d’une manière plus modeste. La station est davantage connue pour la qualité de ses produits de pêche. Le long de la route qui mène de Saint-Leu à l’Étang-Salé, il est possible de contempler un phénomène naturel spectaculaire :un « souffleur » en activité.

La région de l’Étang-Salé tranche nettement avec la région précédente. C’est un grand ensemble de sables basaltiques, avec de très belles dunes. Ces dunes migraient encore au début du XIXe siècle. Pour les fixer, l’homme a planté des arbres. Et, après la savane de Saint-Leu, l’Étang-Salé offre une végétation assez dense. Un petit village s’est développé à proximité d’un modeste récif corallien : il regroupe des pêcheurs, et, en saison, des estivants. Dans la grande forêt, l’Office national des forêts a créé un jardin zoologique. Un peu plus loin, un terrain de golf a été aménagé. À la sortie du village, la côte est belle, avec de petites falaises, souvent déchiquetées, ou échancrées. Le spectacle du « Gouffre », par forte houle, est à voir.

Plus loin, la forêt laisse la place aux grands champs de canne à sucre, au-dessus desquels se profile la plus grande unité de production de sucre, l’usine du Gol.

Commence alors la grande plaine alluviale de la rivière Saint-Étienne. Sur la rive droite de cette rivière, s’étale après le Gol, la ville de Saint-Louis. La traversée de ce torrent a toujours soulevé des problèmes et les vestiges des anciens ponts sont là pour en témoigner. Aujourd’hui d’ailleurs ces problèmes n’ont pas été entièrement résolus, puisque la route nationale utilise encore un radier, régulièrement submergé à chaque crue importante.

Sur la rive gauche, l’aérodrome secondaire de Pierrefonds occupe une partie de la plaine, qui s’achève au contact des 1res coulées du volcan de la Fournaise. Ce socle volcanique supporte la ville de Saint-Pierre, la capitale du Sud.

Saint-Pierre est reliée par une autoroute à 4 voies à une autre ville, le Tampon, située, située à 400 m d’altitude environ. Les 25 cités sont complémentaires. Saint-Pierre a un port de plaisance, des industries, de grands magasins ; c’est le siège de la sous-préfecture. Le Tampon est davantage une cité résidentielle, qui a évolué dès le moment où elle a pu développer ses fonctions éducatives : ensemble scolaire complexe et complet, avec toutes les filières de l’enseignement classique et technique, École militaire préparatoire.

À partir du Tampon, la rotue nationale serpente dans un paysage verdoyant et grimpe vers la plaine des Cafres, haut-plateau à 1 500 m d’altitude. Les températures, en saison froide, sont souvent autour de 0°, et la végétation s’est adaptée aux conditions difficiles : elle rappelle la lande bretonne. La plaine des Cafres est à moitié chemin du Piton-des-Neiges et du Piton-de-la-Fournaise, et c’est à partir de la bourgade qu’une piste, créée par l’Office national des forêts, permet de gagner l’Enclos et le Volcan.

De Saint-Denis, au nord, à Saint-Pierre, au sud, en passant par Saint-Gilles, à l’ouest, le promeneur a l’occasion de faire une belle promenade de 100 km environ. Pour revenir toujours par l’ouest vers Saint-Denis, il peut emprunter une route différente qui passe à mi-pente de la planèze du Grand-Bénard.

Au nord de l’usine du Gol, une route départementale mène aux Avirons, petite ville à 250 m d’altitude, qui offre un panorama remarquable sur l’Étang-Salé et vers Saint-Louis. Des Avirons, une route en lacets mène jusqu’au Tévelave, villa ge d’altitude (900 m), d’où part une piste forestière, créée par l’ONF, bordée d’hortensias, qui traverse une magnifique forêt. Cette piste doit rejoindre sous peu d’autres pistes analogues, situées plus au nord, si bien que les touristes disposeront d’un ensemble de voies remarquables leur permettant de pénétrer la forêt du Tévelave aux remparts du cirque de Mafate.

À partir du Tévelave commence la route Hubert-Deliste, créée par le gouverneur du même nom. Cette route suit la planèze du Grand-Bénard à 600-700 m d’altitude, et aboutit à la plaine des Galets. On y jouit souvent d’un panorama splendide sur la région côtière allant de Saint-Leu à Saint-Paul. Des petits villages sont nés le long de cette route. Jadis, ils étaient concentrés autour de l’église, du point d’eau. Avec le développement du réseau électrique, et celui de la distribution d’eau, les maisons se sont construites de plus en plus loin, et le tout donne un aspect typique de village-rue.

Le trait dominant de ces villages est le mélange souvent insolite des maisons créoles anciennes, aux toits de tôle ou de bardeaux, et des immeubles modernes en béton. Toute l’année, les jardins sont fleuris : le climat s’y prête, et les habitants ont l’amour des fleurs.

Défilent ainsi les villages du Plate, de la Chaloupe, la petite ville des 3 Bassins. Puis la route descend vers la Saline et Saint-Gilles-les-Hauts : le climat est plus sec et les savanes réapparaissent. C’est là, dans une petite forêt d’eucalyptus que se situe la chapelle Pointue,, chapelle de légende, où repose Mme Desbassyns, personnage fort controversé à la Réunion, puisque pour les uns elle fut femme merveilleuse et charitable, pour les autres un symbole de méchanceté. En contrebas de la chapelle, la maison de la famille de Villèle, qui est devenue un musée de la maison créole. On peut y voir des merveilles du temps de la Compagnie des Indes.

À partir de 3- Bassins, il est possible d’éviter la descente sur Saint-Paul. La route Hubert-Delisle continue au-dessus de la plaine de Saint-Paul jusqu’au village du Bois-de-Nèfles qui offre une panorama remarquable sur la rivière des Galets et la ville du Port. Elle descend ensuite vers Savannah, petite bourgade liée à la présence d’une usine sucrière , au bord de l’étang de Saint-Paul. De Savannah, la route rejoint Saint-Denis.

À une époque où les colonies avaient un urgent besoin de main-d’œuvre, Anglais et Français ont utilisé dans leurs possessions de l’océan Indien des engagés venus de la côte des Malabars, au sud-ouest de l’Inde. Ces Malabars sont des Indiens de race noire qui font partie de la grande famille ethnique des Dravidiens. De l’Inde ils ont apporté avec eux certaines coutumes, dont la plus spectaculaire est certainement la « marche dans le feu ».

En décembre ou en janvier, à l’époque du Pongol, toute la communauté indienne se trouve rassemblée piour une cérémonie à laquelle assite une foule de curieux.

Longuement préparée par des prières, par le jeûne et le recueillement, la célébration rituelle débute par une grande procession. En tête marche un groupe de percussionnistes puis viennent les effigies représentant les divinités du panthéon indien, enfin s’avancent les fidèles porteurs de fleurs et d’offrandes.

La procession atteint le lieu où les servants ont disposé un vaste brasier. Les officiants, par des incantations et des sacrifices d’animaux, préparent le passage des initiés, qui, pieds nus, traversent le tapis de braise dans toute sa longueur.

Cette marche sur le feu peut s’accompagner de manifestations non moins spectaculaires qui vont de la marche sur des coutelas à l’enfoncement dans tout le corps d’aiguilles de toutes dimensions… sans douleur apparente.

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