le sud et l'est

À partir de Saint-Pierre, et en allant vers l’est, le paysage change. Ici, les constructions volcaniques sont très récentes et il n’est pas rare de voir, dominant le champ de canne ou la forêt, un puy adventif aux formes nettes, tel le piton de Montvert. La côte est déchiquetée : falaises et côtes rocheuses dominent. À la pointe de Grand-Bois, un petit volcan a été égueulé lors d’une explosion et la mer s’est engouffrée dans l’excavation, créant un site ainsi remarquable.

La route s’adapte aux conditions nouvelles et s’éloigne de la mer en prenant de l’altitude, ce qui permet de dominer et d’apprécier le site de Manapany.

À Saint-Joseph, bâti sur les 2 rives de la rivière des Remparts, l’horizon se dégage quelque peu. Un petit volcan éteint, le piton Saladin, domine la ville tandis que le littoral rappelle, avec son cordon de gros galets de basalte arrondis, celui de la plaine de Saint-Étienne ou celui de la plaine des Galets. Après Saint-Joseph, l’aspect sauvage reprend le dessus. Les hommes n’utilisent plus qu’un mince cordon de terre.

Saint-Philippe est la dernière petite ville avant l’Enclos. Elle est réputée pour l’exploitation des bois de couleur (le natte surtout), et pour les produits de la pêche. Dans des conditions difficiles (mer souvent dure et impossibilité de créer un port), les activités de pêche se sont toutefois maintenues. Les pêcheurs prennent, surtout en saison chaude, des poissons migrateurs comme le thon, et utilisent leurs connaissances empiriques des fonds marins pour descendre des lignes de plusieurs 100aines de mètres de long au fond de la mer. Ils peuvent ainsi remonter des poissons de fond, sédentaires des côtes réunionnaises qui, comme le fameux « rouge », sont unanimement appréciés pour la finesse de leur chair. Chaque groupe de pêcheurs connaît ses endroits de pêche, et il en est jaloux. Le retour à la côte est difficile. Il faut tirer les barques à l’abri des plus fortes vagues, en utilisant des plans inclinés bétonnés, ou des billots de bois sur lesquels il est plus facile de faire avancer les embarcations.

Après Saint-Philippe, il n’y a plus ni maisons ni cultures. Limitée par 2 falaises, commence la région insolite de l’Enclos, par où passent toutes les coulées allant vers la mer.

Forêts et laves se disputent le paysage, et l’on peut voir la colonisation des coulées par la végétation selon leur âge. La plus récente, qui date d’une 12aine d’années seulement est recouverte de mousses et de fougères, tandis que d’autres plus anciennes disparaissent lentement sous la végétation.

Lorsqu’une grande coulée est annoncée, le spectacle de sa descente le long des fortes pentes de l’Enclos vers la mer attire une foule de spectateurs. Les arbres se dessèchent et s’embrasent sur son passage, provoquant de véritables feux d’artifices, et lorsqu’elle entre en contact avec la mer, il se produit d’invraisemblables détonations : la mer semble reculer puis revient à la charge, une énorme masse de gaz virevolte au-dessus du littoral qui change d’aspect au fur et à mesure de l’arrivée de la lave.

En quittant l’Enclos, la route mène vers Bois-Blanc et Sainte-Rose : le paysage ne varie pas beaucoup dans cette partie de l’île. Une forêt humide s’est développée, et le long du chemin la ville et les orchidées grimpent le long des arbres.

À Sainte-Rose, la route monte vers le pont suspendu de la rivière de l’Est. Le torrent s’est creusé des gorges impressionnantes.

Après la rivière de l’Est, le paysage s’humanise de plus en plus et la canne à sucre réapparaît et recouvre toutes les terres cultivables de Sainte-Anne jusqu’à Saint-André. À Saint-Benoît, sous-préfecture de l’Est, une route magnifique part à l’assaut des pentes vers la plaine des Palmistes et la plaine des Cafres. De là, une piste forestière mène vers les falaises abruptes de la rivière des Remparts que l’on domine du Nez-de-Boeuf. Plus loin, elle passe à proximité du cratère Commerson, et s’éloigne en direction de la plaine des Sables, site grandiose et silencieux : la végétation a disparu, ainsi que les animaux. Seul le vent siffle contre les rochers et les scories de la plaine. Parfois des boursouflures rougeâtres rappellent la présence de cratères éteints. La piste s’achève au-dessus du rempart de l’Enclos à proximité d’un gîte de l’ONF. L’excursion dans l’Enclos et l’ascension de la Fournaise sont difficiles, mais elles permettent de découvrir un paysage extraordinaire de coulées et de pitons volcaniques.

Au loin, vers le nord-ouest, toutes les hauteurs de l’île se profilent à l’horizon : Nez-de-Boeuf, plaine des Cafres, Piton des Neiges, Mazerin, Grand-Bénard, Roche-Écrite...

Commentaires (1)

1. friv 5 (site web) 07/08/2014

Ce que vous écrivez peut nous aider à visualiser les modifications et les nouvelles fonctionnalités.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site